
Ces derniers temps, je fonctionne par déclics, dans plusieurs registres. La semaine dernière, j’en ai vécu un qui, je l’espère portera ses fruits sur le long terme même s’il représente un défi pour moi.
Après une soirée à l’institut d’ennéagramme au cours de laquelle nous avons reçu le nouveau livre présentant les 9 bases, j’explique à une collègue quels sont les changements, en utilisant comme exemple la base 7… la « mienne », celle à laquelle j’ai pu m’identifier. Je commence par lui rappeler que le cadeau de la base 7, ce qu’elle offre au monde qui l’entoure, était au préalable décrit comme « la joie ». Je ne me rends pas compte tout de suite que je me trompe, puisqu’il s’agissait en fait de « la joie de la nouveauté », appelée à présent « enthousiasme ». Mais cette petite erreur me permet de me lancer dans ma réflexion. Je poursuis en expliquant que je me sens beaucoup plus connectée à l’enthousiasme qu’à la joie. Oui, je suis toujours partante pour de nouvelles aventures, de nouvelles idées, des découvertes. Par contre, je me sens peu connectée à la joie ces derniers temps. Et ces derniers temps commencent à durer longtemps. Je suis surtout connectée à la peur, à mes peurs. Elles dictent ma manière de me comporter au quotidien, comme si le fait de lâcher la peur me rendait plus vulnérable. Or, comme dirait l’autre, « la peur n’écarte pas le danger ». Mais il n’y a rien de pire, selon ma représentation, que de vivre un drame quand on était justement très content juste avant. Je prends souvent l’exemple de Gaspard jouant au gorille dans l’île noire de Tintin, sautant partout en poussant des cris rigolos avant de tomber et de s’ouvrir le menton. Le drame d’être aux urgences après un tel moment de rires et de joie est pour moi insupportable, comme un retour de manivelle vraiment vache.
Mais qu’on l’appelle « enthousiasme », « joie de la nouveauté » ou même « joie » tout court, je sais que je l’ai en moi et que je m’en empêche, par peur d’être déçue ou ramenée à la réalité soufflée par mes peurs. Du coup, DECLIC. Je décide lundi dernier de penser chaque matin à commencer la journée dans la joie plutôt que dans la peur, de remonter mon niveau d’énergie plutôt que de planquer cette belle énergie sous le tapis. Cela ne changera pas la réalité et ce que la vie me réserve mais au moins j’espère profiter davantage de chaque moment.
Depuis mardi dernier, ça fonctionne. Le weekend a été festif et je l’ai abordé avec joie, comme je l’aurais fait il y a quelque temps plutôt que selon ma tendance récente qui me pousse à penser à quel point je vais être fatiguée et passer à côté des moments sympas de la journée du lendemain si je fais trop la fête. En fait, la fête c’est un bon moment aussi ! Je me reconnecte à cette fille joyeuse en moi qui disait haut et fort qu’on dormira quand on sera mort (bon, maintenant, je me dis aussi qu’on peut dormir quand on est juste fatigué). J’avais envie d’intituler ce blog post, « faire la fête comme quand on avait 25 ans » car c’était un peu ça aussi le bénéfice de cette joie : ne pas regarder la montre, prolonger le moment, danser, retrouver les copains, profiter.
Et surtout, ne pas avoir peur. Pas tout le temps, pas au point de m’empêcher de profiter.
J’arrive à maintenir cet état d’esprit depuis dix jours. Je sais que c’est fragile car j’ai peur de la suite et en même temps je veux donner la parole à cette part de moi qui me souffle que la suite sera belle aussi.
Je vous tiens au courant !
Blisskiss
Jess